L’IA comme infrastructuration
Au printemps 2025, notre équipe a obtenu une subvention de développement Savoir du CRSH pour le projet « L’IA comme infrastructuration: Enjeux et controverses autour de la Stratégie souveraine de calcul au Canada (2025-2027) ». S’étendant sur une période de 2 ans, ce projet de recherche examine le déploiement de la Stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine pour l’IA (SCCCSIA) et ses infrastructures, afin de comprendre comment l’intelligence artificielle (IA) transforme les écosystèmes de recherche au Canada. Il est dirigé par le professeur Jonathan Roberge en collaboration avec plusieurs co-chercheurs de la Chaire.
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L’IA dite générative transforme fondamentalement les pratiques en recherche scientifique, qu’il s’agisse de créer des hypothèses, d’automatiser des revues de littérature ou de concevoir des médicaments. Toutefois, ces technologies ont des besoins propres en matière de stockage et traitement de données. Selon l’ancien premier ministre Justin Trudeau, le Canada est déficitaire dans sa capacité à offrir des infrastructures adéquates pouvant supporter ces besoins, ce qui met en jeu la souveraineté numérique du pays.
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En effet, les infrastructures (supercalculateurs et stockage infonuagique) nécessaires à la recherche en IA, étant en quasi-totalité la propriété d’entreprises américaines comme Google ou Amazon, sont localisées sur le territoire des États-Unis. Afin de remédier à cette problématique, le gouvernement fédéral annonce la mise sur pied du Fond d’accès à une capacité de calcul, s’élevant à 2 milliards, qui devient à la suite d’une seconde annonce la Stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine pour l’IA, dont l’objectif est la création de supercalculateurs en sols canadiens grâce à des partenariats avec les entreprises privées canadiennes comme Cohere, mais aussi américaines, comme CoreWeave et NVIDIA.
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Cependant, des questions persistent sur la gouvernance de ces nouvelles infrastructures, leur interopérabilité avec les supercalculateurs déjà existants au Canada, les mécanismes de consultation publique derrière cette initiative et finalement, la possibilité d’une réelle souveraineté économique compte tenu de la présence d’entreprises américaines comme partenaires. En combinant analyses théoriques et observations de terrain suivant une approche issue des études en sciences et techniques (STS), ce projet de recherche vise spécifiquement à répondre à quatre grandes questions :
1) Comment l’IA est-elle utilisée dans les différents domaines scientifiques canadiens?
2) Quelles infrastructures de recherche sont créées par la SCCCSIA et comment sont-elles gouvernées?
3) Comment évalue-t-on l’efficacité des investissements pour garantir la souveraineté numérique?
4) Quels instruments politiques (consultations, lois, partenariats public-privé) encadrent ces transformations?
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Les données récolletées dans le cadre de ce projet seront comparées avec celles d’une équipe partenaire localisée aux Pays-Bas qui étudie les politiques de l’Union européenne sur les supercalculateurs.
