Il y a, depuis plusieurs mois au Québec, une prolifération de consultations, de débats et de manifestations publiques sur la capacité des IA à s’immiscer dans le monde des arts et de la culture. De ChatGPT (textes et images) à Sora 2 (vidéos) en passant par Suno (musique) et Eleven Labs (voix), l’IA dite générative soulève de nombreux enjeux : souveraineté culturelle, biais et dépendance, impacts environnementaux, désinformation, prolifération de contenus de piètre qualité (AI slop), etc. En particulier, l’IA est liée à une remise en question structurelle et de bout en bout du travail culturel, de la formation aux conditions de pratique, jusqu’à la rémunération. S’agit-il alors d’une forme de remplacement, d’une déqualification ou plutôt d’un processus d’augmentation du travail porteur de nouvelles opportunités ? Le problème est que peu de données permettent d’attester avec certitude de ces multiples possibilités.
Chose certaine, la déferlante de l’IA générative dans les secteurs des arts et de la culture prend les allures d’un problème pernicieux (wicked problem) du moment où, comme le note Joelle Farchy, ses résultats « […] concurrencent directement les créations humaines ayant servi à leur élaboration » (Farchy et Blain, 2025). Rédigée par Maxime Harvey, chercheur postdoctoral à la Chaire IANF, cette note de recherche vise à évaluer l’état de cette problématique à partir d’une revue de la littérature en sciences humaines et sociales, examinant comment l’IA générative re-modèle le travail culturel à la fois comme activité significative (vocation et agentivité professionnelle) et comme chaîne de valeur économique (emplois, salaires, redistribution des rentes, etc.).
Design et mise en page: Rebecca Acone, Université Concordia

