Le projet IA (re)générative pour la culture (2025-2028) se déploie depuis le printemps dans une logique de dissémination continue des résultats et des pistes d’analyse. Ce mandat, issu des discussions avec les partenaires, a motivé la production d’une série de courtes notes de recherche s’appuyant sur le travail mené par nos équipes notamment à Québec, Montréal et Toronto: entretiens et observations de terrain, analyses de politiques publiques et veille des productions scientifiques d’ici et d’ailleurs.
Outil de mobilisation, d’analyse et de synthèse des connaissances, cette quatrième note de recherche présente les débats en cours suscités par l’intégration de l’intelligence artificielle générative au sein de l’industrie québécoise du jeu vidéo. Rédigée par Francis Léveillé, étudiant au doctorat en communication à l’Université Concordia, cette note s’appuie sur un corpus de six entretiens semi-structurés menés avec des professionnels du secteur.
Les entretiens révèlent qu’il n’y a pas de consensus parmi les professionnels quant à l’intégration de l’IA générative dans les pratiques de travail, laquelle prend la forme d’une pratique négociée au travers des interactions quotidiennes. Partant de ce constat, l’analyse se développe autour de trois enjeux émergents:
1) les gestionnaires tendent à valoriser l’expérimentation avec l’IA, tandis que les créatifs s’inquiètent des effets sur l’autonomie créative et l’originalité esthétique;
2) l’intégration de l’IA amorce une transformation asymétrique des métiers du jeu vidéo tout en menaçant la formation des profils juniors et en favorisant l’émergence de professionnels hybrides et polyvalents;
3) le cloisonnement du discours à l’intérieur des métiers et la projection vers des angoisses futures tendent à paralyser l’action collective au présent, que ce soit dans le but de s’adapter ou de résister aux changements causés par l’IA générative.
Design et mise en page: Rebecca Acone, Université Concordia
